Le Massif des Écrins : un symbole de paix

Un massif historique

L’historique d’ascensions dans le Massif des Écrins est relativement incertain.
Tout d’abord, le point culminant de l’Europe, situé en Haute-Savoie, n’était pas rattaché à la France avant 1860, année de l’annexion du duché de Savoie. La Barre des Écrins (4102m) est longtemps resté le sommet le plus haut du pays. L’officier Meusnier s’y rendra en 1853, atteignant ainsi ce qui était à l’époque le point culminant de France. Cette ascension venait compléter les campagnes de mesures lancées depuis les années 1820 et permettant de cartographier le territoire dans ce que l’on connaît actuellement comme la carte d’état major (1825-1866).

La Barre des Écrins (point culminant au centre-droite) vue depuis l’Aiguille Dibona. (c) Photo Thibault Cattelain

Certaines ascensions dans le massif des Écrins sont parfois oubliées dans l’histoire de l’alpinisme. La première ascension revendiquée date en effet de 1864, par la cordée britannique Whymper-Walker-Moore, guidée par le suisse Almer et le chamoniard Croz. Les ascensions entre 1820 et 1860 comme celle du capitaine Durand au sommet du Pelvoux en 1830 ne sont pas revendiquées comme telles puisqu’elles visaient à procéder à des mesures de triangulation et non à revendiquer un exploit sportif.

Un symbole de paix

« Les Écrins c’est pour moi le massif de montagne le plus représentatif de la paix. Sauvage et authentique, je trouve que l’on s’y sent bien, en paix avec soi-même, bien loin de l’artificialisation de la montagne que l’on peut retrouver ailleurs » (Thibault Cattelain)

Riche de récits d’exploration, d’ascensions à la verticale et d’hivernales, on définit le massif des Écrins comme le deuxième berceau de l’alpinisme après le massif du Mont Blanc. Mais l’alpinisme, c’est quoi, au juste? « Conduire son corps là où, un jour, ses yeux ont regardé » (G. Rebuffat, 1974) ? Une histoire d’aventure et d’exploration, d’exploits sportifs, de limites du corps et du mental, de grands espaces à découvrir. Thibault, 30 ans, en a fait sa passion et son quotidien depuis une dizaine d’années. Aujourd’hui, c’est au sein des Écrins qu’il a élu domicile, dans un des cinq villages du massif sélectionnés pour devenir « village d’alpinisme » : La Grave.

« Au départ, l’alpinisme c’était une pratique qui me permettait d’atteindre des sites en haute-montagne pour évoluer en highline (i.e funambulisme moderne qui consiste à marcher sur une sangle dynamique tendue tendue entre deux montagnes). C’était ma pratique d’origine. Pour moi cela consiste à gravir une montagne dans un terrain complexe, que ce soit un glacier, une arrête rocheuse ou un terrain non-équipé ou très long. Aujourd’hui, je dois dire que c’est l’alpinisme hivernal qui m’intéresse surtout ».

Thibault inaugure les premières highlines de l’Aiguille Dibona – 2014 – (c) Photographe Pierre Chauffour

Mettre à profit sa passion

Thibault a rejoint le territoire métropolitain après 20 ans sur l’île de la Réunion. C’est à Grenoble qu’il est arrivé et qu’il a rapidement pris ses marques en partant explorer les massifs alentours. Aujourd’hui fortement investi au sein de la Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne (FFCAM), il a choisi de mettre à profit sa passion pour une action utile et qui a du sens :

« [L’Ukraine] C’est un sujet d’actualité qui touche tout le monde.
A mon avis, dans ces moments-là, chacun.e essaye de trouve comment aider à sa manière. Mon regret c’est que ça ne se fasse pas pour des causes moins connues, par exemple pour les guerres civiles en Afrique ou au Moyen-Orient, qui engendrent de nombreuses immigrations. J’ai espoir au fond de moi qu’une action comme celle-ci, sur un sujet phare, puisse lancer si elle fonctionne une nouvelle dynamique d’entraide à l’avenir. » (Thibault)

Le Massif des Écrins s’étend sur deux départements : l’Isère et les Hautes-Alpes. Il regroupe plusieurs sommets mythiques de l’histoire de l’alpinisme : la Barre des Écrins, le Dôme de Neige des Écrins, l’Olan, le Pelvoux ou encore les Ailefroides. La difficulté des sommets est très relative et s’apprécie en fonction des conditions, de la saison, mais bien sûr également du niveau de compétences et de connaissances de l’alpiniste en question, mais globalement, Thibault estime que « c’est un massif relativement accessible en matière d’alpinisme, avec la particularité d’avoir pas (peu) de remontées mécaniques, donc il faut souvent marcher longtemps ».

Le massif des Écrins, sauvage et authentique – (c) Photographe Clément Belleudy

Les sommets visés par Thibault sont les sommets de plus de 3000m d’altitude. Il en avait répertorié 56, mais en réalité, il y en a bien plus. « Certains sont très connus et facilement répertoriés, d’autres beaucoup moins, peut-être même peu explorés, je ne sais pas qui pourrait le dire » (Thibault).

Afin de préparer son périple, Thibault a inventorié les sommets à son niveau et les a classés par localisation géographique afin de se définir un ordre de marche. En contactant des alpinistes et des grimpeurs/grimpeuses qui accepteront de l’accompagner, il élabore dans le même temps des compositions de cordée et une chronologie pour organiser les agendas de chacun.e. Les vraies incertitudes se situent dans les facteurs de fatigue, de météo et de conditions de terrain sur place puisqu’en avril-mai il reste souvent de la neige à ces altitudes…

On vous en dit plus très vite..!

Sommets répertoriés dans le cadre de Summits4Ukraine. Carte Thibault Cattelain/Summits4Ukraine

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