Antoine Le Menestrel : un drapeau pour la paix

Antoine Le Menestrel est grimpeur et danseur vertical depuis plus de trente ans. Il rejoindra Thibault pour l’ascension de la Pointe des Cinéastes, au départ du refuge du Glacier Blanc dans le but d’y faire exister ce qui lui apparaît symboliquement comme le plus important : le drapeau blanc de la paix.

Antoine, parle-moi de ton expérience de montagnard

Je grimpe depuis 58 ans, j’en ai 57, mon père grimpait, ma mère grimpait et je grimpais dans son ventre. Depuis 35 ans je pratique la danse verticale et la danse de façade. Ma pratique artistique s’exprime sur les murs, à la verticale, parfois suspendu à une corde. Je mêle danse, acrobatie et mime dans ma pratique du mouvement en hauteur.

Tu rejoins Thibault sur ce projet, qu’est-ce qui t’anime dans l’idée de Summits 4 Ukraine?

Ce qui m’intéresse, c’est de monter au sommet avec un drapeau blanc, pour la paix. Un drapeau blanc, on le met plutôt en hauteur, pour qu’on le voie, alors en mettre un en haut d’une pointe, ça me semble un symbole fort aujourd’hui. Thibault, il mettra le drapeau de l’Ukraine. Moi, je souhaite appeler la paix.

« Paisible », performance d’Antoine le Ménestrel, sur le toit du Théâtre du Cratère scène nationale à Alès, le 03 juillet 2020. Photo ©Anne Barthélemy

C’est une nation en soi la paix, non?

La paix c’est un état, une attitude, et peut-être même un sommet inatteignable. On ne l’atteint jamais vraiment la paix. Mais ça donne du courage de mettre un drapeau blanc en haut d’une montagne. J’espère que cela contribue à donner du sens à la paix.

Ça te donne du courage, à toi?

Oui ça me donne du courage. Parce que je suis actif. Et ça me donne du courage d’être actif. C’est une ascension facile que l’on va faire, je ne recherche pas l’exploit sportif. Il faut une ascension paisible. Je n’ai pas fait de montagne depuis 40 ans, c’était trop dangereux pour moi. J’étais inconscient, et en montagne, cela signifie danger. Il y aura une prise de risque, mais elle sera bienveillante.

Thibault et Antoine, en résidence pour leur prochaine création Danse en cascade.

Ça veut dire que tu as confiance en Thibault comme partenaire dans cette bienveillance ?

Bien sûr. On y va en cordée, en esprit de fraternité. C’est la pointe des Cinéastes que nous comptons faire. Ça fait sens, aussi pour Thibault qui fait des films. Et aussi parce qu’il y a un lien avec la création artistique. En 2020, j’ai monté un spectacle qui s’appelle « Paisible » pendant le confinement, en réponse à l’état de « guerre » qui nous était annoncé. Dans ce spectacle j’y porte un drapeau blanc justement, et j’aimerais le faire voyager.

Avec la Compagnie des Lézard Bleus, Antoine propose des spectacles et des collaborations artistiques depuis 1992, date de création de la compagnie. Son spectacle « Paisible » a déjà « enchanté » plusieurs façades, comme une réponse à un appel lancé.

« Si vous avez un toit, je peux m’appuyer dessus.
Mon métier d’artiste consiste à changer le regard qui est posé sur les façades.
Alors ! Ensemble faisons cordée, vers un sommet à découvrir ! »

Se définissant lui même comme « un allumeur de rêve [qui fait] chanter les murs et danser les façades », il espère secrètement que Thibault lui trouvera tout de même un toit pour planter son drapeau. Car si la montagne le porte haut, il faut un peuple pour entendre le message…

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